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The New PIxel

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A VOUS DE JOUER !


[TEST] Wolfenstein 2 : The New Colossus :

Publié par Paul Dimajo sur 30 Octobre 2017, 15:17pm

Catégories : #TEST

[TEST] Wolfenstein 2 : The New Colossus :

En 2014 le studio Machinegames offrait à la franchise Wolfenstein un retour fracassant. Avec son humour absurde et sa violence grandiloquente, ce reboot intitulé The New Order livrait une délicieuse interprétation de l'univers Wolfenstein. C'est donc avec impatience que nous attendions cette suite. Mais est-t-elle à la hauteur des attentes ? C'est ce que nous allons voir ! 

C'est le doubleur de Bruce Willis qui double en français Blascowitz, chose qui apporte au coté badass du personnage !

C'est le doubleur de Bruce Willis qui double en français Blascowitz, chose qui apporte au coté badass du personnage !

 La Führer de vivre :

Ce n'est pas parce qu'on l'avait laissé pour mort les tripes à l'air à la fin de The New Order que Blascowitz a péri. Supposer cela serait mal connaître notre tueur de nazis préféré ! Comme tout bon héros musculeux de série B, notre super soldat est un être indestructible. Malgré tout, son affrontement avec « le boucher » à la fin de l'opus précédent lui à laissé quelques séquelles importantes. C'est donc alité que l'on se réveille de notre coma. Il faut croire que c'est devenu une tradition dans Wolfenstein de débuter dans une position d’infériorité, cloué à un lit avec un sentiment d'impuissance. Et c'est dans cet état peu propice à la gymnastique que nous disputons notre premier combat. Faute de pouvoir marcher, c'est à bord d'un fauteuil roulant que l'on se déplace et que l'on canarde nos assaillants. Un début fun et original qui dure cependant un peu longtemps. Car si tirer sur ses adversaires depuis ce siège est amusant durant queques instants, on finit par se lasser, nos mouvements étant assez limités. Il aurait été judicieux de raccourcir ce premier niveau de manière à préserver le dynamisme de l'amorce. Dans leur globalité, les premières heures de jeu sont assez inégales en terme de rythme. Elles proposent de bonnes idées et propulsent le joueur dans des décors superbement mis en scène tel que ce New-York en ruine, dévasté par une bombe nucléaire. Mais l'action manque d'entrain et de dynamisme. Heureusement pour nous, ce problème se règle rapidement passé les premières missions. Des premières missions douloureuses durant lesquelles survivre est un véritable défi ! Les blessures de notre protagoniste ont une répercussion directe sur l’expérience de jeu. Pendant une bonne partie de l'histoire, notre jauge de vie est restreinte à 50% de sa capacité pour matérialiser la mauvaise santé de notre avatar. Les premiers pas sont marqués par de nombreuses chutes, de nombreux décès. Pour s'en sortir, il faut être prudent et garder son sang-froid. 

Les membres du KKK s'accoutument très bien de l'intolerance ambiante instaurée par le régime nazi.

Les membres du KKK s'accoutument très bien de l'intolerance ambiante instaurée par le régime nazi.

 La Führer de vaincre :

Pour décimer les hordes fascistes, le joueur dispose d'une palette de mouvements variée. Ceux qui ont fait le premier opus renouent avec un gameplay familier étoffé de quelques nouveautés. Les plus modérés joueront la carte de la discrétion tandis que les plus expressifs fonceront dans le tas pour laisser s'exprimer leur imagination destructrice. Les personnes qui favorisant l'infiltration profiteront du système d'amélioration des armes pour doter de silencieux l'ensemble de leurs pétoires. Ils feront également une utilisation judicieuse de la hachette, petite nouvelle de cet épisode. Cette arme blanche dévastatrice peut, au choix, être projetée dans la tête d'un ennemi ou être utilisée pour abattre l'abattre par-derrière au corps-à-corps. Comme c'est la coutume, ces actions sont accompagnées de savoureuses animations au cours desquelles nos proies se font violemment trancher jambes, bras et têtes dans un joyeux bain de sang. En mettant à profit ces outils, il est possible de se faufiler derrière les lignes ennemis en évitant les périls d'un combat à découvert contre des ennemis en supériorité numérique. Une option judicieuse lorsque notre vie est est amputée de moitié. Cependant, ces phases manquent de finition. L'IA déficiente des sentinelles n'aide pas à l'immersion tandis que le level-design peine parfois à favoriser cette méthode silencieuse. Il n'est donc pas rare de voir sa tentative d'infiltration échouer. Mais qu'a cela ne tiennes, Blascowitz est un véritable action-héro qui ne recule devant aucun danger et ce n'est pas une attaque frontale qui l'impressionne, ho que non !

Les coups de hache font mal, très mal !

Les coups de hache font mal, très mal !

Le bestiaire de Wolfenstein est aussi varié que redoutable, chose qui empêche les combats de devenir monotones.Le bestiaire de Wolfenstein est aussi varié que redoutable, chose qui empêche les combats de devenir monotones.

Le bestiaire de Wolfenstein est aussi varié que redoutable, chose qui empêche les combats de devenir monotones.

Quand il en vient à la force brute, Wolfenstein excelle ! Le titre met à disposition un arsenal dévastateur. Entre pistolets fusils d'assaut, mitrailleurs, désintégrateurs et autres fusils à pompe, il y a de quoi faire ! Mais l'utilisation individuelle de ces armes n'est pas toujours suffisante à contenir les hordes nazies. Pour juguler le flot d'assaillants, la seule solution est de maintenir un tir nourrit et ininterrompu. Pour cela, quelle meilleure solution que d'équiper une arme dans chaque main ? Aucune ! D'autant que cet épisode innove ! Dans le précédent, seul une combinaison d'armes identiques était possible. On était donc restreint. Or, le jeu prend ici le parti de laisser libre cours à votre imagination. Ainsi peut-on équiper un pistolet silencieux dans une main et une mitraillette dans l'autre pour passer instantanément de l'infiltration à l'action. On peut aussi combiner l'utilisation d'un fusil d'assaut avec celle du pompe de façon à décimer les armées du führer qui déferlent sur nous ! Tel un artiste du cahot, on nous laisse choisir librement les instruments de notre carnage. Armé de ces outils dévastateurs, le joueur sème sur son chemin un marasme de désolation, repeignant d'hémoglobine murs et plafonds ! Seul demeure dans notre sillage un amoncellement de cadavres démembrés et sanguinolents.

Mais ne vous laissez tout de même pas emporter par le sentiment de surpuissance que vous confère votre équipement car nos antagonistes sont robustes et disposent d'une puissance non-négligeable. Foncer dans le tas en mode Scarface, se résume souvent à connaître le même sort que ledit gangster.. Pour s'en sortir, il faut combiner habilement stratégie, sang froid et rapidité d'exécution. Les phases combat sont dantesques ! Leur challenge élevé offre des affrontements épiques en flux tendu. Le tout est sublimé par une b.o résolument rock'n roll qui amplifie le souffle épique de ces séquences ! Et alors que la lutte s'achève, que le dernier corps inanimé retombe sur le sol et que s'estompe le brouhaha des armes à feu, une certaine quiétude s'installe. La salle dans laquelle on a mené notre lutte retrouve son calme et on ressent un mélange de fierté d'avoir réussi à se sortir de ce passage intense et de tranquillité alors que la tension redescend. On peut se relâcher, on est défoulé. 

Des flash-back viennent nous présenter l'enfance de Blascowitz, humanisant un peu ce personnage jusqu'ici assez hermétique.

Des flash-back viennent nous présenter l'enfance de Blascowitz, humanisant un peu ce personnage jusqu'ici assez hermétique.

Un Univers Riche :

Sous son apparente exaltation de la violence, Wolfenstein The New Colosus cache quelques subtilités. Dans cet épisode, le scénario va plus en profondeur dans sa représentation dystopique des états unis. Comme dans le chef d'œuvre Philippe K.Dick intitulé Le Maître Du Haut Château, cette suite développe une vision de la société américaine régit par l'axe. Contrairement à la célèbre œuvre littéraire, ce ne sont pas ici des japonais qui régissent le pays mais bien des allemands. Ces derniers se réapproprient la culture américaine en lui injectant ses idéaux suprémacistes. Ils investissent à ce titre les talk-show comiques américains, les transformants en de puissants outils de propagande. Le peuple flemmard et assujettit se laisse alors charmer, endormir par la tv. Divertit, il accepte son asservissement. 

 

Au travers une réinterprétation uchronique du passé, le jeu nous livre une dénonciation du présent. Sous certains aspects l'œuvre de Machinegames ressemble à une satyre de la société contemporaine américaine. Une chose qui ressort particulièrement durant la mission dans la ville de Roswell Nouveau-Mexique dans laquelle se pavanent les membres du Klux Klux Klan dans leur accoutrement de cérémonie. Dans ce contexte les suprémacistes blancs du KKK sortent à visages découverts (enfin non couverts mais vous avez compris l'idée) supportés par les idéaux nazis. Cette ville ornementée de drapeaux nazis, et de croix gammées fait froid dans le dos. Dans ce contexte surréaliste des généraux de l'axe viennent déguster paisiblement des milk-shake à la fraise dans des dinner américains typiques. Cette ambiance décalée est superbement bien mise en scène. Mais ces décors tragiques ont un écho tristement réalistes dans l'Amérique de Donald Trump. Impossible dans ce contexte de ne pas repenser aux récents événements survenus à Charlottesvilles aux USA. Cette partie rappelle inévitablement cette malheureuse manifestation d'extrémistes défilant drapeaux nazis au poing. Au travers certains de ses personnages le titre esquisse une dénonciation des intolérances raciales. Le scénario prend alors des apparences discrètes de discours politique. La trame est donc riche de sens et au-delà de son humour burlesque de ces scènes aussi loufoques que grandiloquentes et de ses personnages charismatiques, elle propose une véritable profondeur. Car si dans la réalité la deuxième guerre à bien été gagnée, celle contre l'intolérance est loin d'être remportée ! Cette narration se développe au fil de scènes plus marquantes les unes que les autres ! On découvre avec délice les trouvailles burlesques de chaque nouvelle cinématique et on se délecte des mise en scène aussi drôle qu'improbable imaginées par les développeurs. Mention spéciale à cette séquence où l'on passe une audition pour un film de propagande supervisée par Hitler en personne !

[TEST] Wolfenstein 2 : The New Colossus :

 Conclusion :

The New Colosus est un excellent jeu ! Plus beau, plus abouti que son prédécesseur il propose un divertissement à la fois trépidant et intelligent. Car en plus de proposer des phases de jeu dynamiques et décomplexées, il a l'intelligence de proposer une trame à la fois drôle et pleine de sens. Malgré quelques imperfections au niveau de l'ergonomie du gameplay, ce deuxième épisode frappe fort !

18/20

Copie du jeu fournie par l'éditeur pour le test.

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