Tel un vestige du passé, Matterfall offre au run and gun un court revival. Une initiative intéressante pour les joueurs aguerris en soif de trip nostalgique.
Run And Gun Is Back :
Coutumier des shoot them up, les créateurs de Dead Nation et de Resogun s'attellent à un autre genre aujourd'hui désuet : le run ans gun. Sous-genre du shoot them up, ce style propose des expériences intenses et éprouvantes pour les sens. Ennemis, paternes, esquives et projectiles à foison sont la clef de voûte de ce genre d'aventure à la saveur rétro. La différence entre le run and gun est son illustre cousin le shoot them up tient à peu de chose finalement : au lieu de piloter un vaisseau, vous incarnez un personnage. Le personnage en question est ici une femme, une mercenaire mandatée pour sauver les civils d'une métropole futuriste en proie à une attaque de machines. Les hommes de cette ville ne doivent leur fléau qu'a eux même. Leur soif de profit les a poussé à tirer partie d'une technologie alien dangereuse pour développer armes et machines de guerre. Malheureusement pour eux, lesdites machines se sont rebellées contre eux. Autant vous dire que ce scénario aux fausses allures de Terminator ne confine pas au génie. Mais finalement, on s'en moque ! Car ici, le cœur de l'expérience, c'est son gameplay. Les mécaniques prévalent sur cette histoire qui n'est finalement qu'un prétexte à l'action. Seules les sensations importent !
En utilisant le tir secondaire, il est possible de matérialiser une plateforme à l'emplacement bleu transparent. Cette plateforme sera ensuite traversable grâce au dash.
Dans le mile :
Pad en main, le ressenti est plutôt bon. Le jeu propose quelques mécaniques intéressantes. En plus d'un fusil à tir continu, le joueur dispose de diverses capacités dont un dash. En plus de booster sa vélocité et de permettre des esquives plus rapides, ce dernier freeze les des ennemis lorsqu'on leur passe dessus. Bien loin de se contenter de ces quelques fonctions, ce propulseur permet de traverser certaines plateformes et de passer au travers les salves de projectiles ennemis. Les parois traversables sont identifiable grâce à leur couleur bleue. La couleur bleue est également la couleur de notre tir secondaire. Sous forme de rayon lumineux, ce dernier permet de créer des plateformes dans des espaces dédiés. Ces structures arrêtent les projectiles ennemis tandis que l'on peut tirer au travers pour abattre nos cibles en toute en restant à l'abri. Cette capacité apporte une subtile teinte de stratégie aux affrontements, chose qui ajoute un supplément de richesse aux mécaniques. Le fameux faisceau permet également d'activer des bombes qui déclenchent dans les rangs ennemis de superbes explosions. Une façon efficace et spectaculaire de faire du ménage lorsque l'on se retrouve acculé. Les joutes sont intenses et dynamiques ! Passé, un premier chapitre assez accessible, les choses se pimentent et alors que l'on atteint la troisième partie, l'action s'accélère furieusement. Les ennemis se font plus vivaces et nos déplacements, notre salve de tir et nos dash sont accélérés au profit d'une action plus débridée. En tant que tel l'ensemble marche plutôt bien. Mais dans les faits, il faudra du temps s'habituer aux commandes parfois un peu confuses. Sauts et dash sont placés sur les gâchettes de droite et de gauche, si bien que l'on se retrouve souvent à intervertir les actions. Il n'est pas rare de se précipiter dans un jet de boule de feu alors que l'on voulait le traverser à coup de dash. Les premiers pas sont un peu brouillons, hésitants. Il faut du temps pour s'adapter à cette gymnastique particulière.
L'instict de survie :
Une fois cela fait, on développe assez vite ses réflexes. Mais nos sens, aussi affûtés soient-ils, ne suffisent pas toujours à nous tirer d'affaire. C'est souvent à son instinct que l'on doit son salut. Et c'est là que se dévoile toute la saveur du run and gun : alors que l'on esquive, que l'on saute, que l'on dash à l'instinct, emporté par le flow de l'action, par l'allure décomplexée des joutes. Peu à peu, on développe sa réactivité, on apprivoise le jeu. Et très vite, ce qui ne ressemblait au début qu'a une impressionnante bouillie de projectiles commence à prendre du sens. On y décèle un ordre, on y repère des failles et l'on apprend à se faufiler au milieu des tirs. C'est de ce rythme endiablé que provient le véritable plaisir du jeu. Un rythme souligné par une b.o électro entrainante. Cette ambiance sonore forme d'ailleurs une alchimie parfaite avec les design résolument futuristes de nos environnements. Visuellement, le titre est assez joli et ses quelques effets visuels, tels que ses explosions qui provoquent de véritables feux d'artifice d'orbes rouges, séduisent. On regrette néanmoins un manque de renouveau dans les designs des niveaux. Ces derniers, peu variés, proposent des ambiances un tantinet répétitives. Par ailleurs le game design manque d'une touche de folie. Une chose qui n'aide pas à renouveler une expérience qui, bien que plaisante, finit par se répéter. En dépit de quelques idées intéressantes, la progression devient un peu redondante. Le jeu à du mal à nous surprendre sur la longueur et accélérer le rythme ne suffit malheureusement pas à casser la routine qui s'installe de temps à autre. Heureusement, les combats de boss qui ponctuent chaque fin de chapitre viennent raviver quelque peu notre intérêt par leur complexité plus prononcée. Mais la encore, les boss manquent de charisme. En plus d'avoir une apparence assez passe-partout, ils se ressemblent les uns les autres. Dommage, car les combats en tant que tels sont sympas. Réussir à terrasser ces mastodontes au terme d'une lutte aussi tendue qu'acharnée est jouissif et mobilise toute notre concentration et notre réactivité. On est mis à l'épreuve et c'est plaisant. Mais l'apparence visuelle manque de panache. Un peu frustrés donc.
Conclusion :
Malgré un manque de diversité esthétique et une relative répétitivité, Matterfall propose un divertissement sympa. Il offre au run and gun un revival court - 6 heures de jeu environ - mais honorable. Ses joutes parfois intenses et ses quelques petites idées de gameplay font de lui un titre agréable à jouer. Ce n'est pas le chef d'œuvre du siècle, mais c'est amusant, et pour 20 euros, c'est plutôt honnête.
14/20
TEST EFFECTUE SUR UNE VERSION FOURNIE PAR L'EDITEUR.
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